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    Lettre de Liaison n°111

    28 décembre 2019

    2019 : une année plaque tournante

     

    • Le siège de notre siège
    • Notre retrait du Sahel
    • Le basculement de paradigmes au Moyen-Orient
    • Nos raisons de rester européens
    • Nos munitions
    • Perspectives pour 2020

     

     

    • 1 - Le siège de notre siège

    Il pleut depuis des semaines. Les terres sont sous l’eau. Ce ne sont pas de violentes montées des eaux, non, mais quelque chose d’insidieux, d’interminable, qui tombe du ciel sans discontinuer, et transforme le décor quotidien en bourbier. Les chemins sont tous devenus impraticables. Les cours de fermes sont dans la boue. Pire : il y a prolifération de rongeurs : de rats dans les bâtiments extérieurs, de souris, de mulots, dans les maisons. On se sent assiégés, jour et nuit, par les averses, les intempéries, et par ces dizaines de petits prédateurs qui s’infiltrent partout, dans les tiroirs des bureaux, dans les garde-manger, dans les armoires... Une seule cause pour tous ces effets : le réchauffement climatique.

    Le Nobel Jean Jouzel nous avait prévenus : « Nous allons griller à petit feu »… ou patauger les pieds dans l’eau, dans l’eau et la gadoue.

     

     

     

     

    • 2 - Notre retrait du Sahel

    Dans notre 109ème Lettre de Liaison de janvier 2019, nous annoncions un prochain retour au Sahel, après vingt ans d’absence (due en bonne part à notre engagement principal en Israël/Palestine). C’était une perspective joyeuse et fraternelle. De nouveaux puits à creuser, des arbres fruitiers à planter, des livres choisis à apporter aux instituteurs du village… Nous étions prêts.

    Sauf que, vingt ans après, le réchauffement global là-bas aussi a fait ses dégâts. La température de février 2019 était celle de mars-avril en 1999. Etouffante, infernale. Les infections se sont répandues : pulmonaire, intestinale, urinaire ; l’eczéma aussi. La situation sanitaire a empiré. Le paludisme a progressé – mais les autorités font silence, et ne réclament aucun des vaccins recommandés (fièvre jaune, méningite, hépatite B, typhoïde). Ayant eu à souffrir, entre 2000 et 2019, de dysenterie aigüe, d’infections pulmonaire et intestinale, urinaire sévères, d’eczéma aussi, nous ne pouvons conseiller le voyage à personne, ni envoyer de volontaires. Par ailleurs, dans la maison pour laquelle nous avons travaillé, la ration d’eau pour se laver était d’un litre (d’eau en bouteille) par jour. Le jeune Ivoirien parti en repérages pour nous en octobre 2018, qui n’a pas appliqué nos consignes, et a refusé tout traitement préventif anti-paludisme (malaria), en est revenu atteint par le paludisme.

     

     

     Nous avons fait refaire la margelle de notre premier puits, qui a été couvert d’une dalle, pour éviter tout accident. Trois beaux arbres fruitiers ont aussi été plantés chez la famille d’accueil (pamplemousse, oranger, mandarinier). Là s’arrête notre chantier pour 2019.

    Le Sahel n’a jamais été dans la définition statutaire de notre champ d’action. C’était une parenthèse.

       Quant à notre action auprès des maîtres d’école, une cinquantaine de livres choisis ont été remis au directeur de l’école de Saly Joseph. Giono, La Fontaine, Maathaï, Saint-Exupéry, Senghor, Malala, Voltaire, Victor Hugo, Prévert, Obama, Gandhi, pour l’essentiel. Encore faut-il qu’il y ait des hommes, des femmes, pour les utiliser, avec les écoliers… Dans la « salle culturelle » du village, sous une table, oubliée depuis longtemps, il y avait une caisse d’une quarantaine d’exemplaires du Petit Prince, apportés par un amoureux des livres, venu de France. Si c’est pour que ces livres, précieux à nos yeux, finissent sous une table…

     

       Enfin, voici vingt ans, nous avions acheté un champ d’un hectare pour une famille musulmane de S. Joseph, où fut creusé notre tout premier puits, équipé d’une pompe indonésienne. Un champ, deux chevaux, et une charrette toute neuve, peinte en rouge, pour transporter les produits du champ sur la côte, dans les hôtels. Vingt ans après, le puits était à sec, le champ démembré et non travaillé – quatre parcelles revendues (pour des bicoques), comme la charrette rouge, disparue. Les chevaux aussi ont été revendus, ou ils sont morts de mauvais traitements. Le champ voisin, lui, sert d’épandage aux ordures, aux déchets de plastique…

     

     

     

     

       

    Si c’était un phénomène récent, on le saurait. Mais le creusement de puits montre tragiquement combien le plastique s’est « enraciné » en terre, depuis une trentaine d’années. A un demi-mètre sous la surface, ou un peu moins, on trouve une épaisse couche, compacte, de détritus de plastique !

    Cette Afrique est une vaste poubelle à ciel ouvert, mais aussi une déchetterie souterraine, invisible.

     

    Il y a des solutions, comme le montre Christian Mwijage, à Dar-es-Salaam, avec sa création d’une start-up EcoAct, qui recycle les déchets plastiques en poutres de construction ! (Hors-Série Le Monde, Générations Climat, fin 2019). Encore faut-il une prise de conscience réelle, et active.

    Libre à chacun de penser que l’horreur du plastique en Afrique concerne avant tout les Africains, mais les Grands Vortex de Déchets, la Soupe Plastique dans les océans, ne connaissent ni continents, ni frontières…

     

     

       

    Sur ce Septième Continent, voir dans Wikipedia :

    Expédition 7ème continent.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Expédition_7e_continent

    Voir aussi le Great Pacific Garbage Patch, le Grand Vortex de Déchets du Pacifique (entre la taille de la France et celle de la Russie), sachant que l’Océan Pacifique n’est pas le seul concerné, l’Atlantique aussi

    Pour agir avec efficacité, si l’on osait braver les dangereuses conditions sanitaires, il faudrait une présence régulière sur place, faute de quoi autant vider des arrosoirs dans le désert !

     

     

    Et puis, il y a plus grave, peut-être, que l’aggravation générale au plan de la santé quotidienne, l’inondation de plastique et le réchauffement global : l’islamisation radicale, croissante, des populations. Par le biais des nouvelles mosquées, construites par des mouvements wahhabites, salafistes, qui propagent une doctrine binaire, exclusive, hostile à tout ce qui n’est pas strictement musulman.

    Prenez le cas d’une famille lambda de huit personnes : les parents, quatre filles, deux garçons de moins de 10 ans. L’endoctrinement permanent a désormais fracturé cette famille : l’homme mange seul dans sa case (servi par les femmes). Les femmes et les petits garçons mangent à part. Pour meubler sa solitude, l’homme mange en écoutant… une radio coranique. Il fait ses prières aux heures prescrites, ostensiblement, et tire fierté de son statut de « bon musulman ». Le même homme, vingt ans plus tôt, n’avait cure de tout ça. Les repas se prenaient tous ensemble, à l’infortune du pot, autour de la gamelle commune.

     

     

    Ajoutez à cela que les prêches en mosquée débordent volontiers du cadre religieux. L’imam commente comme il l’entend l’actualité. Or l’Opération Barkhane au Sahel ne contribue pas précisément au prestige de la France, qui fait cavalier seul dans cette affaire – avec le dérisoire renfort de trois hélicoptères anglais et de cinquante Estoniens.

    Comment quatre mille hommes, répartis sur un territoire de plus de 5 millions de kilomètres carrés – plus vaste que l’Union Européenne ! – peuvent-ils efficacement tenir le rôle de l’éternel gendarme français du Sahel ? On nous dit qu’ils auraient tué ou fait prisonniers quelques 600 djihadistes. La question est : combien cette présence en a-t-elle fait naître ? Combien de millions d’Africains radicalisés (au Sénégal comme au Nigéria, en Guinée, au Cameroun…) répètent-ils le refrain des Français « profiteurs, exploiteurs » ? Compliquant ainsi péniblement, ou rendant impossible tout travail humanitaire sur le moyen et long terme.

    Notre point-de-vue là-dessus est celui de l’o.n.g. Human Rights Watch : « Paris (…) prête beaucoup trop d'attention à l'aspect militaire de la lutte contre les djihadistes, pas assez au terreau qui l'alimente. ». Constat renforcé par la mise en garde d’un ex-ministre malien :

    « Le sentiment anti-français est à son paroxysme au Mali (…) Des théories du complot fleurissent partout. Bientôt, on accusera la France d’être responsable des inondations ! »

    Le chef d’état-major des armées françaises, le général Lecointre, lui, déclarait en 2018 :

    « Je ne pense pas qu'il soit possible de régler le problème au Mali en moins de dix à quinze ans, si tant est que nous le puissions. »

    Si tant est que nous le puissions

    Pour notre humble part, c’est d’un adieu au Sahel qu’il s’agit.

       

    Le cœur lourd, nous savons nos forces bien trop faibles pour vouloir persister dans une présence devenue aléatoire, et à fonds perdus, si ce n’est même périlleuse pour ceux qui s’y rendraient.

     

     

     

    • 3 - Le basculement de paradigmes au Moyen-Orient

     .../... en cours de rédaction

     

    Aghju lu core in pezzi

    Il est lourd le fardeau
    À 45 degrés
    On va y laisser la peau

    2043, I Muvrini  (Portu in Core)

     

     

     

     

     

     

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