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    Depuis l'été 2014, 7 ministres européens des Affaires Etrangères se sont rendus à Gaza. Borge Brende, de Norvège, le premier, le 8 septembre 2014.

    Suivi de George Vella, de Malte, le 29 octobre 2014, et de Martin Lindegaard, du Danemark, le 4 novembre.

    Quelques jours plus tard, c'est la Haute Représentante pour l'Europe des Affaires Etrangères, Federica Mogherini, qui entre dans Gaza.

    En 2015, le ministre José Garcia-Margallo, d'Espagne, se rend à son tour à Gaza. Suivi de Charles Flanagan, d'Irlande, le 16 février.

    Puis de Frank-Walter Steinmeier, pour l'Allemagne, le 1er juin, et de Bert Koenders, des Pays-Bas, ce 15 juillet 2015.
    A chacun va notre appréciation et notre gratitude. Ils représentent l'Europe en laquelle nous croyons. Au nom de la responsabilité et de la conscience.

     

     "Nous ne pouvons attendre jusqu'à ce que des pourparlers pour la solution a deux états reprennent pour améliorer les conditions de vie.

       Nous sommes assis sur un barril de poudre ici. A nous de nous assurer qu'il ne prenne pas feu."

       Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires Etrangères, lors de sa visite à Gaza le 1er juin

     

    GermanyForeignOffice   @GermanyDiplo

     FM#Steinmeier in #Gaza: I take the hope from my Talks in #Jerusalem + #Ramallah, that the danger of a burning powder keg is being seen.

     FM#Steinmeier : Need opening of #Gaza borders + economic development. Gaza must not become launch pad for rocket attacks on #Israel again.

     

    "Je prends espoir dans mes échanges à Jérusalem & Ramallah, que l'on perçoive le danger d'un barril de poudre s'il prend feu.

    Besoin d'ouvrir les frontières de Gaza + développement économique. Gaza ne doiut pas redevenir une base de lancement de roquettes contre Israël."

     

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    15 janvier 2015 [Martin Luther King aurait eu 86 ans ce jour.]

     

    “Remonter loin, que je remonte loin, ah!

    … Remonter au moment où le monde faisait sens davantage

      Eh, c’est qu’il y a trop de souffrance, de confusion… »          

                                                - Van Morrison (Hymnes au Silence)

     

    Remontons peu avant Noël 2014. Il y a de ça 9 à 10 semaines seulement. Nous avions eu l’attaque de la Synagogue de Har Nof à Jérusalem (voir ci-dessous). Nous avions aussi eu l’attaque d’un bus sur la route de Nairobi, au Kenya. Puis, les massacres, et les enlèvements de jeunes filles par Boko Haram au Nigéria, sans nombre. Le quotidien ordinaire, en quelque sorte.

    Sur notre chemin, de Peace Lines, la toute première fois que nous fûmes nez à nez avec des jihadistes (formés en Afghanistan), c’était en Bosnie Centrale, l’hiver 93. Personne en Occident ne parlait d’eux alors. Il n’y en avait que pour (contre) les Serbes. Pour dénicher ces jihadistes venus de si loin, il fallait traverser des montagnes, des lignes de front que la plupart des journalistes évitaient.

    Avec 68 Prix Nobel, nous avons dénoncé ces jihadistes et leurs frères d’armes en Algérie, en 1997-1998, alors que personne en Occident, presque personne en France, ne se souciait de leurs objectifs – rien moins qu’instaurer le Caliphat, l’Etat Islamique (à 700 km de Marseille). Leur première besogne étant de massacrer les journalistes (lire Hassan Zerrouky à ce sujet).

    Voyons, dans notre longue lutte pour la paix en Palestine-Israël, nous n’en avons rencontré aucun. Leurs nombres sont restreints aux militants du Jihad Islamique et de quelques groupes marginaux à Gaza. Pourtant, ils nous ont rattrapés, au cœur même de Paris, les 7 et 9 janvier 2015. Toujours au nom du Jihad Sans Frontières, depuis le Yémen et l’Irak, la Syrie, jusqu’à Paris, France.

    Cette fois, ce ne sont pas exactement des Etrangers, surgis de terres exotiques. Les tueurs étaient « made in France ». Telle est la double contrainte à laquelle nous sommes exposés, et qu’il nous faut exposer : des terroristes dont le but est de nous terroriser, paralyser, et des stratèges qui veulent nous embarquer dans des aventures militaires en terres lointaines, pour « combattre les terroristes », disent-ils.

     

    Réalisant ainsi les cinq prophéties d’Orwell :

    1- «… trois super-Etats sont en guerre d’une façon permanente depuis vingt-cinq ans. (…) l’hystérie guerrière est continue et universelle (…) La lutte, quand il y en a une, a lieu sur les vagues frontières dont l’homme moyen peut seulement deviner l’emplacement… » « Pour comprendre la nature de la présente guerre, car en dépit des regroupements qui se succèdent à peu d’intervalle, c’est toujours la même guerre, on doit réaliser d’abord qu’il est impossible qu’elle soit décisive. » « Peu importe que la guerre soit réellement déclarée et, puisqu’aucune victoire décisive n’est possible, peu importe qu’elle soit victorieuse ou non. Tout ce qui est nécessaire c’est que la guerre existe. »

    2- « Tous les territoires disputés contiennent des minéraux de valeur et quelques-uns fournissent d’importants produits végétaux… (…) Lorsqu’on livre une guerre, c’est toujours pour être en meilleure position pour livrer une autre guerre. »

    3- “Le but primordial de la guerre moderne (en accord avec les principes de la double-pensée, ce but est en même temps reconnu et non-reconnu par les cerveaux directeurs du Parti intérieur) est de consommer entièrement les produits de la machine sans élever le niveau général de la vie. (…) Le problème était de faire tourner les roues de l’industrie sans accroître la richesse réelle du monde. (…) En pratique, le seul moyen d’y arriver était de faire continuellement la guerre.»

    4- “En même temps, la conscience d’être en guerre, et par conséquent en danger, fait que la possession de tout le pouvoir par une petite caste semble être la condition naturelle et inévitable de survie. »

    « C’est précisément dans le Parti intérieur que l’hystérie de guerre et la haine de l’ennemi sont les plus fortes. Dans son rôle d’administrateur, il est souvent nécessaire à un membre du Parti intérieur de savoir qu’un passage ou un autre des nouvelles de guerre est faux, et il lui arrive souvent de savoir que la guerre toute entière est infondée, soit qu’elle n’existe pas, soit que les motifs pour lesquels elle est déclarée soient tout à fait différents de ceux que l’on prétend. Mais une telle connaissance est facilement neutralisée par la technique de la doublepensée. »

    5- « La doublepensée signifie pouvoir garder en tête simultanément deux croyances contradictoires, et les accepter toutes deux. (…) Le processus doit être conscient, autrement il ne pourrait se dérouler avec une précision suffisante, mais il doit aussi être inconscient. Faute de quoi il entraînerait une impression de falsification et, partant, de culpabilité.

    (…) Pour illustrer clairement ceci, le fait que l’hystérie de guerre augmente en intensité au fur et à mesure que l’on monte dans l’échelle sociale. Ceux dont l’attitude face à la guerre est pratiquement la plus rationnelle sont les peuples sujets des territoires disputés. Pour ces peuples, la guerre est simplement une calamité continue qui, telle une vague de fond, va et vient sur leurs corps, en les balayant. Ils ont conscience qu’un changement de maîtres signifie simplement la poursuite du même labeur qu’auparavant, pour de nouveaux maîtres qui les traiteront de la même manière que les anciens. »

    Aussi, bienvenue dans ce Brave Old World, lecteurs, penseurs, rêveurs du jour, et visiteurs occasionnels !

    Puissiez-vous ne pas perdre le moral sous l’assaut de telles vagues de fond. Après tout, les situations de double contrainte, dont l’effet est de nous convaincre d’impuissance, ne sont pas sans issues.

    Ouvrons les portes !

     

     

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